Texte Libre

Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /2009 07:58
          

Octobre, 6, 2009 (Agence France Fesse)

10ème jour de détention pour Roman Polanski par la branche armée 
Al-Helvet-US
L'otage n'a toujours pas été libéré.
Et tu t'en branles connard. 
Par laure cazal
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Dimanche 4 octobre 2009 7 04 /10 /2009 17:10

Boire, baiser, bloguer. T’enlèves le dernier et ça me va. Je me barre. Au chaud. Loin de ton pays à la con. De l’autre coté de l’équateur. Là où les gens sont cools. Aimables, vrais, rigolards, sincères. L’inverse de toi quoi. Je te livre un dernier texte. Des extraits d’entretiens faits il y a une dizaine d’années dans un magazine réunionnais pour lequel je pigeais.  Attitude il s’appelait. Un putain de bon canard. Très en avance sur son temps. Zamé naretrouv aou. 


 

« Dieu se fout de notre gueule. Quand je vois Bob Dylan, dont j’étais fan, chanter pour le pape et baiser sa main, je dis fuck himself » (Arno/Musique)


 

« Tu vas au Machu Picchu, tu fais trois jours de train à crémaillère, deux jours de mulet, tu arrives et tu tombes sur des Japonais ou des Allemands qui font la queue pour des Bretzell (…) Tout va trop vite (…) Il n’y a plus de spontanéité aujourd’hui ».( Luc Baranger/Livres )




« 
Ivre mort ou mort de rire ? Tu enlèves mort et je prends les deux ». (Jean-Louis Aubert/Musique).





 

« Claude François ? Un mec odieux. Il nous traitait comme des chiennes. Les femmes devaient perpétuellement être à son service. Une fois qu’il en avait sauté une, il l’envoyait chier. En plus il n’était  pas réglo côté tunes (…) J’aimais bien sa femme en revanche. Une bonne copine. Elle se demande toujours comment elle a pu se marier avec ce connard ».  (Anne Vassiliu/Musique)



« Aucun homme n’a su me retenir. L’amour n’a jamais été un frein à ma passion. Et il l’est de moins en moins  » (
Florence Arthaud/Mer).





« Les femmes, à l’horizontale, je les adore. Toutes. A la verticale, un peu moins » (Farès Bousdira /Foot). 





« Je suis venu à La Réunion pour offrir un environnement calme à mes enfants. De ce côté, la Guyane, ce n’était pas vraiment ça. La cocaïne n’était pas assez chère.  J’en prenais trop. D’où ma venue ici » (Nicolas/Voyage).




 

«  Je fonctionne comme les jeunes. Si je me fais chier, je casse tout, je m’engueule avec tout le monde, je suis révolté (…) Arrêter de dormir. Arrêter de dire amen à tout. Les gens doivent se réveiller » (Farès Bousdira/Foot)




 

« J’aime bien le missionnaire. Ou une petite levrette. Mais il peut y avoir des variantes » (Sébastien Folin/Télé).


 




 

«  On va te mettre en taule parce que tu participes à une rave mais on n’inquiètera pas le mec friqué qui aura les moyens de prendre de la bonne dope et l’avion pour aller au bout du monde. La fête est en train de devenir un luxe. C’est intolérable. Tu fais un boulot à la con pour gagner une misère et le week-end, tu continues à t’emmerder. C’est une profonde injustice qu’il ne faut pas accepter » .(Arlette/Nuits).




 

« J’ai tout fait pour les adultes mais la situation est désespérée. Il faut sauver les gosses » (Professeur Choron /Presse).






 

« A La Réunion, je suis un  zoreil, en France un bougnoul et en Algérie un  déraciné. Il n’y a guère qu’en avion que je sais qui je suis » (Farès Bousdira/Foot).






« Un verre c’est trop, deux c’est pas assez » (Serge Reggiani/Musique). 

Par laure cazal
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Lundi 28 septembre 2009 1 28 /09 /2009 10:30

Pourquoi la presse franco-britannique a-t-elle été si fascinée par les éventuels guili-guili de Giscard d’Estaing avec la Diana ? Très franchement, jene saisis pas. VGE, comme la quasi-totalité des hommes politiques, a toujours bandé comme un cerf. On lui prête de très  nombreuses liaisons extra-Anne-Aymone. Celle, notamment, avec l’ancienne comédienne Marlène Jobert, avait fait pas mal de bruit. « C’est un séducteur, il avait une fascination fétichiste pour les jambes ». Jean-Pierre Corcellette, le biographe de l’Ex, résume la situation de façon très courtoise. Tout comme lematin.ch, vénérable site du non moins vénérable quotidien suisse, qui parle d’un « véritable coureur de jupons ».

Que d’hypocrisie dans le verbe de mes confrères. Merde quoi. Appelons une chatte une chatteL’accordéoniste de Chamalières n’a pas usé ses fonds de string léopard sur les bancs de X pour rien. Le polytechnicien était un tombeur de première. Ma grand-mère Colette (83 ans) a beau se montrer sceptique (« Quitte à faire, j’aurais préféré Chirac »), c’est un secret de bagatelle. Les hommes de pouvoir aiment la baise. Point barre.

Et c’est vieux comme le plus ancien métier de mes amies les putes. Un exemple, juste un. Pour l’aristocratie citadine hindoue du IIIème siècle, la sexualité était une preuve de bonne éducation et de pouvoir politique. Ce n’est qu’au contact des missionnaires chrétins que la chair a perdu ses sens vertueux. En bon catho faux-cul de la haute qui se respecte, Giscard a tout simplement remis à sa juste place cette bonne vieille vénération de l’érotisme.

Les décideurs veulent tout contrôler. Y compris nos capitons. Nous les faisons bander. Tant mieux. Qu’ils soient beaux ou laids, on craque. Regarde la Bruni. OK,  son CV vaginal ne tient pas sur une page A4. Mais qui aurait parié une roupie seychelloise qu’elle finirait sous la couette d’un nain napoléonien ? Obligé de mettre des talonnettes le mec. T’imagine lorsqu’il la prend en levrette, debout, dans les restrooms du Fouquet’s. Monsieur en talon aiguille et madame en mules 3 Suisses. Du pur glamour.

Alors franchement, que Didi se soit kamasutraïsée Gigi, ça ne mange pas  de pine. Le Daily Mail a beau évoquer « l’imagination débridée d’un Français qui prend ses désirs pour des réalités », j’y crois à donf. Même ce grand gland de Stéphane Bern est dakodak avec moi. « Je ne pense  pas que Giscard ait assez d’imagination pour inventer cette histoire ».  La sentence du bouffon des rois est sans appel : d’Estaing est un très mauvais romancier.

Pour en revenir à mes confrères anglais, je tiens juste à leur livrer ce message. Celui d’une femme, divorcée, donc fragilisée, qui connait l’insupportable réalité d’un mariage foireux avec un grand con. Votre chauffarde du pont de l’Alma avait mille et une bonnes raisons d’aller voir ailleurs. Très sincèrement, et là je m’adresse à toi mes lectrices, ça te dirait de faire une pipe au Princes Charles ? Dégueulasse, hein ? A partir de là, VGE ou un autre, la Lédidi pouvait se permettre n’importe quel écart. Il en allait de son équilibre psycho-sexuel.

Quoi ? Comment ? Je suis dans le bureau, je bosse, parle plus fort. Quoi ? T’as la gaule. Ça tombe bien, j’ai fini mon papier. J’arrive Jo. 

laure cazal 

Sources : lematin.chbooksmag.frmarianne.frdailymail.co.uk (les commentaires des internautes au bas du papier du site britannique sont succulentes).

Par laure cazal
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Lundi 21 septembre 2009 1 21 /09 /2009 09:12

La mise en garde du doc est sans appel. J’arrête ou je meurs. Après mûre réflexion, je dis stop. Aucun effet de manque pour l’instant. Même pas un tremblement. Un mois pourtant. Un mois que je n’ai pas ouvert le moindre quotidien.

L’alerte s’est produite en plein été. Comme chaque matin, mon café-calva m’attend sur le comptoir pendant que je me dirige vers la presse du jour. Mon envie, soudaine, brutale, n’est pas négociable. Elle me plaque au sol sans crier gare.

Trop brutale pour rejoindre le lavaboEffondrée devant les grands titresje me vide. Des mètres et des mètres de PQ (N+R+D) n’en finissent plus de sortir de mes pores. Tony, mon chevalier serveur, se précipite à mon chevet. « SOS mon amoureux du zinc, sauve-moi » ai-je à peine le temps de lui glisser à l’oreille avant de plonger dans un profond coma journalistik.

« Où suis-je » ?  L’infirmière me fait un bisou sur la bouche et s’en va en poussant des cris indiens. « Docteur, docteur, docteur, vite, vite, elle a parlé, elle a parlé, elle a parlé ». Sofy, ma médiatologue, se penche à mon chevet. « Tu sais que tu reviens de loin princesse. Plus une ligne, tu m’entends. Plus une ligne ». Il s’agit bien d’un ordre. La grande Sof ‘n’a pas l’habitude de parler pour ne rien dire.

« Je t’ai prévenue combien de fois ? Tu vas y laisser ta peau. Je sais pas moi, trouve autre chose pour te défoncer. C’est pas ce qui manque. Picole, dope, sextoys, t’as tout pour être heureuse. En attendant, t’es sous perf de valium 50 jusqu’à ta sortie. J’ai pas envie que tu nous fasses un PT (ndlb : pressium tréminse) ». J’accueille la sentence avec la confusion d’une gamine prise la main dans le sac à tampax de sa belle-mère.

Pendant trois jours, je ne sors pas de la chambre. Ni télé ni journaux. Même pas une bonne vieille TSF. Ordre de Sofy. Le brancardier qui m’emmène au scan’ a l’air sympa. Il m’a à la bonne. Je lui demande en douce s’il ne peut pas me trouver un peu de PQ. « J’vais voir mais vous dites rien à personne, sinon j’ me fais virer ».

Il me glisse discrètement, le soir même, un pur produit du terroir. J’m’en colle plein  les neurones. De la première à la dernière ligne. Avec le temps, Manu s’avère être un dealer de haut-vol. Hospitalisée depuis à peine trois jours, j’ai un stock mortel de PQ (D+R+N) divers et avarié. Une dose toute les demi-heures. Je me sens nettement mieux.

Coup de tonnerre. Sofy entre sans frapper et me surprend dans mon flagrant délire pécuèste. Furibarde, elle m’arrache la dope des mains et se met à hurler. « Putain de chiottes à la chypriote. Tu veux vraiment te foutre en l’air saloperie de petite conne ? Hein ? Tu veux voir comment tu vas finir si t’arrêtes pas ? ».

Fin de la méthode douce. Sof opte spontanément pour l’alternative intimidation. C’est son plan B. « Regarde bien ça » me dit-elle en vidant ma cachette à came sur le dessus-de-lit. « T’as vu où ils en sont tous ceux qui n’ont pas pu arrêter ? ». Stupeur et tremblements. Sa  stratégie thérapeutique par la peur est la bonne. « Regarde bien princesse. Lui, tu vois, c’est Laurent Mouchard. Cancer aggravé du centre morveux. Lui, Christophe Barbier, tumeur au consensus. Lui, Eric Zemmour, hépatite réactionnaire.  On continue ? Oui, on continue : PPDA, gangrène de Légo, Michel Denisot, syndrome de Lalèche, Tous condamnés. Contagieux en plus. On continue ? Je te parle bordel ! On continue ? ».

Affligée par un désespoir cosmique, je l’implore, à genou et en larmes, d’arrêter. « Non Sophie, non, je te jure, je toucherai plus jamais à cette merde. Je t’aime Sofy, je t’en supplie, donne moi encore une chance ».

La doc n’en attendait pas tant. Deux infirmiers poids lourd débarquent dans la chambre. Camisole de force oculaire, double intraveineuse (Valium 50  + Antimédiatok 400)  et me voici replongée dans les bras chimiques de Morphée. 

Un mois plus tard, je respire, libre et libérée, l’air de la ville. Je respecte à la lettre les consignes de Sofy. Groupe de parole, nouvelles fréquentations, nouveau départ. J’ai vendu télé, radio, coupé mon abonnement internet et suis interdite de séjour chez tous les kiosquiers du pays. Trois fois par semaine je dois souffler dans le médiamètre au service de géron-journatologie de l’hôpital Chabalier.

Finis les week-ends cloitrés dans mon duplex à ingurgiter des saloperies toutes plus toxiques les unes que les autres. Je suis dans le train. Je pars au bord de l’eau salée. Je me suis achetée un bon bouquin « Bashung(s), une vie ». Putain de Bentley ; quelle conne je suis. C’est écrit par un journaliste. 

Laure Cazal 




Sélection hebdo 
lautrinfo.com

:

Par laure cazal
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Lundi 14 septembre 2009 1 14 /09 /2009 09:32

Arrête-toi tout de suite.  Avant de lire ce papier que je n’ai aucune envie d’écrire (je t’expliquerai pourquoi tout à l’heure), quitte mon site, tape « benchetrit ruquier » sur gougueul et mate la vidéo de l’échange voltigeur entre le réalisateur de « j’ai toujours rêvé d’être un gangster » et Eric Zemmour (on n’est pas couché/France 2/émission du 12-09-09). Vas-y (ou regarde les deux extraits suivants extrait 1, extrait 2).
On se retrouve dans six petites minutes.

 

C’est bon ? T’as vu ça ? Je te l’écrivais il y a quelques mois. Il n’y a plus guère que chez Ruquier, je l’apprécie sincèrement, que l’on peut assister à ce genre de récréation médiatique.  J’adore la façon dont le petit Sam met carrément minable le chroniqueur bonapartiste du Paf sans pub. Tout particulièrement lorsque l’écrivain-cinéaste invite le chiwawa réactionnaire à partir s’installer au Texas.
 

Benchetrit tip-top
 

Le propos, ferme et ironique, est accompagné d’une gestuelle aussi nonchalante qu’élégante. Sur le plateau, tout le monde se marre. Y compris Nolo. Normal. Ce soir-là, Benchetrit est beaucoup, beaucoup trop fort pour celui qui ne s’est toujours pas remis d’avoir loupé l’ENA à l’époque où il était déjà un jeune con.

Un bon moment de télévision, un précieux instantané, une victoire éclatante de l’intelligence d’esprit sur l’inanité intellectuelle. Bref, quelque chose de rare. Car c’est vrai. Zemmour a tout à fait le droit de penser que les banlieusards sont incultes ou de militer pour le rétablissement de la peine de mort.

Seulement, comme il est un média un à lui seul (ce que Benchetrit lui a rappelé avec insistance), le pigiste de Ruquier a le pouvoir absolu de contaminer le commun des mortels quotidiennement sans qu’on lui oppose la moindre résistance crédible. Print, radio, télé, web, édition, Zemmour est partout tout le temps. Et c’est franchement lourdingue.

Qu’il soit chez Ruquier, très bien. C’est, en terme de casting, un choix judicieux de la part de l’animateur-comédien. Zemmour aboie et mordille là et où on l’attend. Il est payé pour ça. Lorsque la proie n’est pas à la hauteur, parce que trop naïve, trop militante ou trop vaniteuse, le porte-voix de la France réactionnaire gagne toujours.  Y compris contre des gens, a priori sensés, style Cali, Weber ou Attali.

Normal. Déstabiliser le complice de Nolo n’est pas à la portée du premier venu. L’homme est  cultivé  (d’un point de vue scolaire), plutôt adroit avec le verbe, travailleur et profondément convaincu par ses énormités délétères. Pour le coller minus, il est indispensable de respecter quelques règles majeures :

  1. Le mépriser en simulant l’inverse (flatterie)
  2. Se positionner en homme/femme de dialogue (fausse modestie)
  3. Entendre la critique (ouverture d’esprit)
  4. Glisser quelques tacles aux moments les plus opportuns (tactique)
  5. Rester sur le plateau (stoïcisme)
  6. Revenir à la charge (témérité)
  7. Ne pas hurler (sérénité)
  8. Séduire les invités (charisme)
  9. Monter en puissance (fermeté)
  10. Se foutre carrément de sa gueule (grandeur)

 Pour résumer, il faut laisser Zemmour se noyer tout seul (flegme). Ce qu’a réussi sur toute la ligne Benchetrit. Encore bravo.


Grosse fatigue
 

Peut-être comprends-tu mieux maintenant pourquoi n’ai-je aucune envie de te pondre le papier promis sur Libé et son idiot en chef, Laurent Mouchard (Joffrin est un pseudo). A quoi bon ? J’ai passé une semaine à lire la pseudo nouvelle formule du quotidien (hors dimanche et jours fériés) d’Edouard Rothschild (banquier et cavalier de haut-niveau).

Que t’écrire ? Que cette démarche m’a coûté six fois 1euro30, une rechute au Prozac et une lassitude pesante ? Pas la peine, je pense que tu l’auras évidemment deviné. Les quelques commentaires que j’ai reçus sur ma boîte mèl sont assez édifiants. « J’ai acheté Libé ce week-end et je ne vois pas trop la différence » constate par exemple l’un d’entre toi.

Il n’y a malheureusement pas grand chose d’autre à ajouter. Dommage pour la presse, pour toi et pour moi. Libé, sans le soutien de son argentier, ne serait probablement plus dans les kiosques aujourd’hui. Le journal où sévissaient des talents comme Pacadis, Homeric, Garnier, Haski, Aubenas et quelques autres est devenu un authentique non-événement permanant. Il va falloir s’y faire. Quelle conne je suis.

                                                                                                                                                                 Laure Cazal 

Par laure cazal
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  • : Bad girl du clavier, je me bats avec mes talons aiguilles pour que la presse française redevienne une presse lisible.

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