A l’heure où tu lis ces quelques lignes, cher lecteur adoré
(j’emploie uniquement le masculin-neutre, comme en américain, c’est moins prise de coco), je suis toujours en résidence d’écriture chez mes amis fortunés. Oui, je sais, je frôle la
correctionnelle du deadline. Mon Jo n’a d’ailleurs pas manqué de me le faire remarquer, à ses risques et périls, hier lors d’une conversation téléphonique écourtée par moi-même à l’insu de son
plein gré. Extraits :
Désolée de cet aparté. C’était juste pour faire diversion. En journalisme gonzo, on appelle ça une accroche affective. Afin de mobiliser la totalité de ton temps de cerveau disponible. Si tu es encore là à me lire, c’est bon, ça fonctionne. Tu trouves que j’y suis allée un peu fort du bigo avec Jo ? T’inquiète. Ce type que j’adore est d’abord et avant tout un branleur grand cru classé. J’ai du appeler un professionnel pour changer la serrure de ma cave. Il boit plus vite que son ombre mon homme. Toujours plein, jamais bourré. « Tenir et se tenir ma Lolo» me dit-il dès qu’il a franchi le mur du son viticole.
Son dernier larcin éthylique ? Un quasi-cul-sec avec un Hydromel demi-sec 1968 que j’avais promis d’apporter à mon châtelain aubois lors
de ma prochaine visite au bord
se sa piscine. Je ne te parle pas du Richebourg 76, du Vin de paille 72, de mon magnum Bollinger RD et de mes alcools (dont un Raguenau que j’avais hérité de mon papa). Bref, avec Jo, tu
doisprendre trois précautions majeures quand tu le laisses seul à la maison : boucler la cave à triple tour-bouchon, planquer
les alcools forts (y compris le rhum culinaire) et ne lui laisser aucun engin de paiement élaboré (Je lui ai juste ouvert un compte à La banque Postale + carte Electron qu’il vide aussi
vite que mes bouteilles).
Revenons à nos moutons, vaches laitières et brocards en rut. Hé oui, c’est depuis la campagne que je t’écris ce billet boue. Je suis dans le 8.8, Epinal, Vosges. Je te la coupe en quatre,hein ? T’as vu les photos comme c’est carrément beau ?
A Epinal, y’a des belles meufettes, des beaux gars,
des beaux bars, des belles maisons, des belles vues, j’en passe et des bien meilleures. C’est pas le trou du
cul du monde que t’imagines aux tréfonds de ton âme, ou de ce qu’il en reste, bobo-branchouillo-parigo-tête-
Bravo donc, mille fois bravo, aux deux bêtes de concours ayant trouvé la bonne réponse. Mais que les choses soient clarinette de Die : je n’ai pas pour habitude de faire des trucs à trois. En conséquence de cause à effet de cerf, je te pose une question subzid’hier à tous les deux :
Quelle était la diffusion payante de France-Soir en 2008 ?
Tu fais moins le malin, là. Tu ne sais peut-être même pas que France-Soir est toujours maintenu en vie artificielle grâce aux
perfusions financières opaques de son nouveau propriétaire russe, accessoirement très bon copain de Poutine et ex-pardessus-acier-trempé du bloc soviétique. Pour t’aider, je vais te donner un
indice. France Soir, en diffusion payée, était en-dessous de la Liberté de l’Est (27972 ex. /OJD 2008). Ca ne t’aide pas vraiment ? Qu’est-ce que tu crois ? Que c’est un métier de
fégnasse de partir en snifage d’infos ? Ca t’apprendra à dire du mal de nos amis les bêtes-journaleux. Vas-y, cherche le no-nosse informatif. Je t’ai livré tous les éléments pour y parvenir.
Tu n’as plus qu’à partir en balade sur la toile pour recouper les données.
On appelle ça de l’investigation internet, une pratique très en vogue dans nos quotidiens et hebdos
cocorico. Grâce à Internet, nos patron-banquiers de presse n’ont plus besoin de faire chauffer leur American Express pour alimenter une coûteuse politique éditoriale d’envoyés
spéciaux. L’espèce est en voie d’extinction (hors publi-rédactionnels déguisés en reportages).
Laure Cazal
NDLB (Note de la blagueuse) : dans mon papier sans dessus-dessous, j’ai complètement oublié de te dire pourquoi je te pose la kestyon subzidièr sur band voz-matin é fransoir . Tout bêtement parce que je te livrerai dans les jours à venir deux papiers bien sentis sur ces deux titres pathétiques de notre patrimoine journalistique national.
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