Je te préviens tout de suite. Ce papier n’a ni queue, ni tête. Je te l’écris à
intervalles espacés entre mes divers rendez-vous du jour dans la grande ville grise. Là, tu vois, au moment où tu lis ces lignes, j’ai mon petit cul posé sur un strapontin de transport en commun.
Oui. Tu as bien lu. Transport en commun.
J’avais pourtant craché-juré à la chinoise sur la tombe d’Aladieu que je n’y mettrais plus jamais mes
talons aiguilles. Des avatars à caractère météorologique et mécanique sont à l’origine de cet improbable parjure. Un, mon scooter est en phase de profonde hivernation. Deux, mon Dodge ne démarre
plus. Aucune petite main garageuse de ta froide campagne n’accepte de plonger ses sales petites pattes dans du cambouie américain. Je hais tes artisans franchouillards, poujadistes et
xénophobes.
Oui-chef
Excuse une seconde. On m’appelle. Rien de grave. Juste un livreur express qui m’avertit que ma petite
nièce, Julip, a bien reçu l’intégrale de Lost. Tu t’en fous ? Moi pas. J’ai décidé de ne plus rien écrire pour toi. Parce que tu ne le mérites pas. Tu continues, sans broncher, à te
confondre en oui-chef de l’aube à l’aube et à te faire coloscopier avec des balais médiatoc le fondement de ta conscience pensive. Si tu en possèdes encore une. Ce dont je doute en rond comme en
carré.
Pire encore. Tu pratiques avec un zèle bruni l’un de tes sports nationaux préférés. Celui qui t’a rendu si
célèbre dans les années 40 du siècle dernier. La délation. Je viens de me faire éjecter une seconde fois, en deux mois, de FacePlouc suite à de courageuses dénonciations anonymes à mon
encontre.
Dupont-la-joie
Arrête ton cinoche. Ne me dis pas que ça te colle la gerbe. C’est toi, et personne d’autre, qui m’a
signalée aux autorités schpounz du réseau sectaire. Quoi ? Ce n’est pas toi ? Je m’en balance. Je fais comme si. Je suis sûre que tu cautionnes. Je te l’ai déjà écrit. Tu as beau
faire le fier, tu es un faible.
Ce que tu me reproches ? Je n’en sais foutrement rien. D’après mon entourage, tu n’apprécierais pas franchement mes allégations sur quelques cercles d’influence à connotation religieuse fourrée au chaussé-aux-moines ou artistico-grailleuse (cf mon papier sur Johnny à l’Hapiday), mon détournement mineur d’article provincial sur Chantal Goyave ou ma position sur la supposée précocité de l’éjaculation de Laurent Mouchard.
Alors, dupont-la-joie, c’est promis, mon prochain papier ne dira que du bien sur mon prochain. Parole de bad girl qui te la met bien profond.
Je me demandais où vous étiez passée et je suis heureux de constater que vous soyez toujours parmi nous, c'est-à-dire, celle et ceux qui luttent contre l'uniformisation de l'information. Continuez votre combat même si j'imagine que vous devez parfois éprouver de grands moments de solitude...C'est le prix à payer pour conserver son intégrité. On est avec vous.
Je suis fort et agréablement surpris.
Oui, le prix a payer ça va être très très très fort.... mais ça vaut la peina
Je suis aussi avec vous.
Hasta pronto